Interview de Christophe Lauduique

Bonjour, pourriez-vous vous présenter ? Bonjour, je m’appelle Christophe Lauduique, j’ai créé en 2004 l’Atelier Lames de Sames au Pays Basque. Comment êtes-vous devenu coutelier ? (le hasard, la formation, l'amour du couteau, rencontres avec d'autre couteliers ......?) Avant de devenir artisan coutelier, mon intérêt pour le couteau et surtout le couteau régional français a commencé par une collection que j’ai complétée au fil des années. Grâce aux rencontres avec des artisans couteliers, des industriels de la coutellerie, des revendeurs et des coltellophiles, j’ai pu découvrir et apprécier le monde de la coutellerie.  J’ai écrit, par la suite, les deux tomes de « Couteaux pliants de nos Provinces » et ensuite « l’Almanach du Couteau » avec mon ami Pierre-Yves Javel.  Après m’être installé aux Pays Basque en 2003, j’ai désiré relancer la fabrication des couteaux deux clous Pyrénéens qui, contrairement à l’Ariège, les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Orientales avaient ici disparu.  Un coutelier pour qui j’ai beaucoup de respect, Patt Art Celtic, m’a appris dans son atelier de Bretagne, les bases du travail de fabrication du deux clous. Quels types de couteaux sont produits dans votre atelier ? Je fabrique des couteaux pliants uniquement à système deux clous comme les anciens couteaux des bergers et des paysans du Pays Basque. (Pour ceux qui affirment qu’il n’y a jamais eu de couteaux au Pays Basque, sachez qu’en 1693, les Couteliers de Bayonne se sont séparés de la Corporation des Faures (forgerons), dont ils faisaient partie depuis le XIII ème siècle, pour fonder leur propre corporation).  Lors de la naissance d'un couteau, quelle est votre source d'inspiration ? Et pour mieux comprendre votre art, quelques mots sur votre univers, vos influences.  Ma source d’inspiration est essentiellement liée au Pays Basque, ses coutumes, ses traditions, ses provinces. Pour ma part, je ne fais pas un travail artistique, je réalise simplement des couteaux de poche qui doivent servir au quotidien. Comment définir le rapport que vous entretenez avec votre métier ? Et avec les acheteurs de vos pièces ? Je suis un amoureux de ce métier, et je me considère, sans aucune démagogie, comme coutelier du peuple, à l’opposé de ceux qui étaient jadis, couteliers du Roi. Mes acheteurs doivent pouvoir acquérir des pièces à un prix raisonnable (environ 60 euros) et s’ils le souhaitent vraiment, commander des couteaux uniques (mammouth, Damas). Que recherchez-vous en premier dans un couteau ? En premier, la prise en main et la sensation de la matière sous les doigts. C’est tout à fait normal pour moi, car je travaille surtout les manches de mes couteaux. Et en Premier bis (juste pour rire) que la lame fasse bien son travail de coupe. Si vous ne deviez posséder qu'un seul couteau (autre que de votre production), ce serait lequel ? Et pourquoi ? Un Thiers qui m’a été offert par Erwan Pincemin et Pierre-Yves Javel, lors de mon intronisation à la Confrérie du Couteau de Thiers en novembre 2009. Erwan, qui est un de mes deux parrains, avec Pierre-Yves, avait réalisé entièrement ce couteau pour cette occasion. Et si je peux en citer un autre, un vieux capucin avec du vécu. Où peut-on voir et acheter vos couteaux ? Dans notre coutellerie Couteau Basque à Anglet et sur notre boutique en ligne www.couteau-basque-com mais nous sommes aussi présent à Espelette, Cambo les bains, Saint jean de luz, Biarritz au Palais, etc…  Pour ceux qui aiment les régionaux, sachez que j’exposerai à cette adresse plus de 600 couteaux français, des anciennes photos et quelques vieilles machines, qui seront visibles gratuitement.