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Histoire de la coutellerie au Pays Basque

Une tradition ancienne, profondément ancrée dans le territoire

Saviez-vous que des couteliers exerçaient au Pays Basque dès le XIIIᵉ siècle ?
Bien avant l’industrialisation, la fabrication des couteaux faisait partie intégrante de la vie économique et artisanale basque, en particulier à Bayonne, carrefour commercial et portuaire majeur.

Pendant plusieurs siècles, les maîtres couteliers bayonnais furent affiliés à la corporation des Faures — les forgerons en gascon — l’une des trois corporations les plus importantes de la ville. Cette appartenance souligne le lien étroit entre le travail du fer, de la forge et celui de la lame.

La naissance des couteliers bayonnais

En 1693, les couteliers de Bayonne demandèrent officiellement le droit de créer leur propre corporation. Cette demande fut acceptée (certaines sources situent cette création en 1712), marquant une reconnaissance institutionnelle de leur savoir-faire.

Aux XIVᵉ et XVᵉ siècles, les ateliers de coutellerie, installés notamment dans la rue des Faures, jouissaient d’une grande réputation. Les canifs et tranche-plumes bayonnais apparaissent dans des inventaires de la noblesse, notamment sous les règnes d’Henri II ou de Guillaume de Montmorency, preuve de leur qualité et de leur diffusion.

La baïonnette : l’heure de gloire bayonnaise

Au XVIᵉ siècle, les couteliers bayonnais marquent l’histoire avec l’invention de la baïonnette, alors appelée couteau bayonnais.
Sous Louis XIV, le régiment des fusiliers fut le premier à être équipé de cette arme, qui allait profondément transformer l’art militaire européen.

À la suite de l’édit de 1696, imposant l’enregistrement des armoiries à des fins fiscales, Bayonne se vit attribuer d’office en 1700 un blason représentant une baïonnette d’argent sur fond noir. Bien que la ville ait payé les 100 livres exigées pour son enregistrement, ces armoiries ne furent jamais utilisées par les Bayonnais.

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Maîtres couteliers bayonnais et artisans du territoire

Du XVIᵉ au XIXᵉ siècle, de nombreux maîtres couteliers ont exercé à Bayonne, au Pays Basque et en Béarn. Leurs noms témoignent de la richesse et de la continuité de cette tradition artisanale.

Maîtres couteliers bayonnais
• Bernard de Loubis (1583)
• Jean Desbarbés (1694)
• Arnaud Taniet, Charles Videlin, Bernard Dissequis (1712)
• Jacques Larran (1726)
• Jacques Lizardie (1731)
• Baptiste Berlon, Martin Bordenave, la veuve Lesbats, Clément Dupuy, Jean Casenave (fin XVIIIᵉ siècle)

Couteliers du Pays Basque et du Béarn

Parmi eux :
• Pascoal et Michel d’Andragnes – Saint-Jean-Pied-de-Port
• Pierre et Guillaume Lalanne – Hasparren, Bayonne
• Isaac Bordabehere – Saint-Palais
• Pierre et Jean Dufourcq – Espelette, Saint-Jean-de-Luz
• Jean Dabos – Saint-Jean-de-Luz
• Pierre Bordenave de Garris, émigré à Buenos Aires en 1849
• Et de nombreux artisans à Oloron-Sainte-Marie, Orthez, Mauléon-Licharre, Bidart, Isturits…

Cette dispersion géographique illustre une coutellerie rurale, utilitaire et profondément liée aux usages quotidiens : bergers, paysans, voyageurs.

Une histoire vivante, encore transmise aujourd’hui

Cette longue tradition coutelière constitue le socle du travail mené aujourd’hui à l’atelier de Couteau Basque. Les formes anciennes, les systèmes traditionnels — comme le pliant à deux clous — et les symboles basques (lauburu, emblèmes anciens) s’inscrivent dans la continuité de ce patrimoine.

Revenir aux fondamentaux, c’est perpétuer des gestes anciens, adapter des formes historiques aux usages contemporains et faire vivre une coutellerie sincère, respectueuse de son histoire et de son territoire.

Du XIIIᵉ siècle aux ateliers contemporains, la coutellerie basque n’a jamais cessé d’évoluer sans rompre avec ses racines.
À travers les siècles, les maîtres couteliers du Pays Basque et du Béarn ont façonné bien plus que des lames : ils ont transmis une culture du geste, de la matière et de l’utilité, encore bien vivante aujourd’hui.